ski > articles > Vincent Duvignac / Home Boy !

Vincent Duvignac / Home Boy !

Il y en a pour qui les rêves se réalisent plus vite que prévu. Quatre ans après s’être lancé à fond dans la carrière de surfeur pro, Vincent a rencontré sa femme, acheté une maison derrière la dune et alterne à son aise entre les compétitions et le free surf. Respect !



Tricky summer
23, rue des sables. Une adresse presque caricaturale pour un surfeur pro. « On a déménagé ici cette année, c’est le top. J’ai toujours rêvé d’habiter en bord de mer, quand j’étais plus jeune, on habitait à 18km dans les terres et il fallait que mes parents m’amènent en voiture. » Quand je passe le voir à Mimizan, pour la première fois mi-juillet, Vincent se prépare à partir en Angleterre pour le WQS 5 étoiles de Newquay. Il y a un gros board bag à moitié ouvert sur la terrasse en bois. Quelques planches et des affaires étalées un peu partout. « Je déteste aller en Angleterre, l’eau est froide, il pleut tout le temps et les vagues ne sont pas terribles. Mais bon, c’est un des plus gros WQS européen donc il faut que j’y aille. » Et c’était plutôt une bonne idée puisqu’il a terminé cinquième, sa meilleure performance sur le circuit depuis ses débuts. Une performance qu’il ne réitère pas à Lacanau où il se fait rapidement sortir comme pas mal d’autres français sous la forte pression du contingent brésilien. « Par contre, j’ai adoré la compétition “Cash for Tricks“ organisée par Nike qui se déroulait en parallèle du Lacanau Pro. Il y a un DJ qui mixe sur la plage, un buffet où tu peux déjeuner. Il n’y a pas de points en jeu, et dès que tu rentres une manœuvre tu gagnes des euros. C’est vraiment cool. En plus, il y a une bonne ambiance. Dans l’eau, tu as quand même un peu la pression, surtout si tu n’es pas un pro de l’aérial comme moi. En plus, c’est un format de compétition avec des tours. On est dix à l’eau par série. Il faut que tu te forces à rentrer au moins un air normal. Pour passer un tour, il faut rentrer trois tricks différents, tous les compétiteurs sont là devant pour regarder, il y a du spectacle, tout le monde va tenter des airs énormes. Pour moi, c’est un peu la compétition du futur, on pourrait en faire un vrai tour, un truc parallèle au WQS. C’est un format beaucoup plus adapté au surf d’aujourd’hui… ». Après son titre de champion de France et de champion d’Europe, on peut se demander si Vincent vise le titre de champion du monde !? « Pour moi, ce titre, c’est l’aboutissement d’une carrière, ça t’ouvre des portes. C’est forcément un objectif. Personnellement je pense me remettre sérieusement à la compétition dans deux ans. J’estime que j’ai le temps de progresser encore de mon côté sans pour autant me déconnecter de la réalité du circuit. Depuis que j’ai eu le bac, j’ai fait beaucoup de pro junior avec des résultats mitigés, mais j’ai bien rebondi l’année dernière. J’ai encore une bonne marge de progression. Pas tellement dans le répertoire des manoeuvres, c’est plus dans le côté physique. Il faut que je m’entraîne aussi dans les toutes petites vagues. J’essaye de trouver la motivation pour ça. Je suis trop souvent arrivé à l’eau en compétition dans des vagues que je n’avais jamais surfé avant. Pour me motiver quand c’est vraiment pourri, je mets un casque sur les oreilles et je pense aux points en jeu. Ramener un bon résultat à la maison, c’est ça qui compte ».

Trippeur pro
Vincent n’arrête donc pas la compétition pour se consacrer exclusivement au freesurf, il attend juste le bon moment pour se lancer. Entre temps, il s’entraîne à la maison ou dans des eaux plus chaudes. Bali, Hawaii, West Africa, il prend le temps de se taper des bons trips à l’autre bout du monde. Pas si mal pour un mec qui n’aime pas trop prendre l’avion. Même si des milliers de types rêveraient d’avoir sa vie, comme partout le plus difficile c’est de durer ! Le gros problème de ce style de vie, c’est l’autodiscipline. Un peu éloigné des structures d’entraînements, Vincent essaye de tout gérer lui-même. Travail de fond au niveau physique, mise en place de ses trips, organisation de son calendrier, gestion de son image. Côté entraînement, il fait du vélo, un peu de stretch, mais pour lui le plus important reste le surf. Et même en hiver, il va à l’eau tous les jours. « C’est un métier, mais si on n’y met pas de rigueur, ça part en couille. Moi, je suis mon propre boss et j’ai la chance d’avoir la confiance de Rusty. Je surfe un maximum dans toutes les conditions de vagues et pour moi, c’est le meilleur des entraînements. Je manque un peu de partenaires d’entraînement à Mimizan, surtout en hiver. Même s’il y a de quoi faire ici, c’est presque mieux quand c’est un peu plus gros d’ailleurs. En ce moment les bancs de sable ne sont pas très bien calés, mais quand ça rentre, on peut surfer des bonnes vagues avec de la taille grâce aux bancs de sable qui se forment à la sortie de la rivière. » Pour cet hiver, j’ai encore rien de définitif. Je ne pense pas que je retournerai à Hawaii, à l’époque des compets, il y a trop de monde à l’eau. Par contre, j’irai bien en janvier. L’année prochaine, je retournerai sans doute à Bali avec Rusty et à Tahiti en lune de miel !

Éclectique
Quand il ne ride pas une 5’11, Vincent n’hésite pas à sortir un Alaia. Le modèle qu’il possède a été fabriqué par Fred Compagnon. On voit qu’il a déjà pas mal servi. Il est même un peu vrillé. « Ça va super vite, j’adore ce style de planche, ça faisait longtemps que je voulais essayer, je m’en étais fabriqué un moi-même en contreplaque marine, mais ça ne marchait pas du tout. » Les riders qui l’inspirent restent les pros du Tour. Exception faite de Sancho, il apprécie le surf puissant de Joan Duru, le mental de Jeremy Flores. « Pour moi, le plus complet c’est Fanning, c’est un ancien du circuit et sa préparation m’impressionne. Ensuite, il y a Kelly bien sûr et Parko, hallucinant de décontraction. » Connu pour ses talents de tube rider, Vincent n’en reste pas moins un surfeur puissant et aérien complètement dans la tendance. « Au niveau du style, je pense que les airs sont vraiment l’ouverture du surf vers l’avenir. Ça rapproche le surf du skate et du snowboard, et puis en général sur le tour, ceux qui passent des rodéos flip et ce style de manoeuvre n’ont pas oublié les carves et les manoeuvres plus classiques. Ça ne peut que grandir le sport. Quand je vois les moves d’un Jordy Smith ou d’un Josh Kerr je me dis que c’est aussi vers là que je veux emmener mon surf. »

Texte : Stéphane Robin
Photos : S.Robin et Bosco




Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Prelly
30 mars 2012 03:32

No longer…You know that..rolex replica



Magazine de glisse gratuit, Freepresse vous présente tous les bons plans des stations de ski, les derniers tests matériel ski, snowboard, surf et outdoor, des videos ski freeride et freestyle... Toute l'actualité ski et snowboard sur Freepresse.com, votre site d'info glisse et outdoor. Plan du site.
Crédits photos : Fabrice Wittner (Snowboard) - Fischer (Ski) - Jason Childs 2007 (Surf) - Columbia (Outdoor)

Achat mots clés