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LAIRD HAMILTON AU MICRO

Laird Hamilton aime la France, et c’est avec plaisir qu’il est revenu cette année dans le Pays Basque pour présenter son dernier film : Oxbow Waterman Expérience. Surftime est allé à sa rencontre pour revenir avec lui sur cette vidéo et sur le développement de son jouet favori : le stand up paddle.



- Comment résumes-tu la thématique de ton dernier film ?

Ce film a pour but de montrer qu’un vrai waterman doit être capable de jongler avec toutes les disciplines du surf. Kitesurf, windsurf, surf, stand up, tow in, bodysurf, etc. Pour moi, tous ces sports sont liés. Après 20 ans chez Oxbow, c’est aussi une manière de rassembler les meilleurs watermen du team. On peut voir évoluer ceux qui portent les valeurs de la marque au plus haut niveau depuis des années comme Duane de Soto ou Jason Polakow, et aussi ceux qui arrivent comme Kai Lenny.

- Ça fait un peu plus de dix ans que tu t’es mis au stand up paddle, comment expliques-tu que ça ne décolle que maintenant ?

La raison principale c’est le manque d’équipement. Au début, j’ai commencé sur des planches de tandem. Je voulais être capable de bien maîtriser des grandes planches pour pouvoir amener mes enfants dessus. Mais ces planches étaient instables. Il a fallu essayer différents styles de shapes avant d’aboutir aux planches d’aujourd’hui. Ensuite, il fallait que quelqu’un en fasse suffisamment bien pour donner envie aux autres d’en faire. C’est aussi une question de nombre, la multiplication des pratiquants s’est faîte lentement au début et puis progressivement tout s’est accéléré.

- Ces dernières années, on a assisté à l’explosion des marques de SUP, elles proposent toutes sortes de planches, toi aussi tu lances ta marque ?

Oui, j’ai décidé de lancer prochainement ma propre marque de stand up paddle. Mes pros modèles étaient déjà disponibles chez Surftech et Arrow surfboards, mais désormais, ce sera des SUP Laird Hamilton. J’ai développé beaucoup d’autres sports, le foil, le tow in, mais le stand up est vraiment celui qui m’appartient le plus. J’ai été un peu surpris de voir toutes ces marques sauter sur ce nouveau marché. Le problème, c’est qu’ils manquent d’expertise. Les planches qu’ils proposent ne sont pas abouties. Moi, je sais ce qui marche vraiment.

- Ton niveau en SUP est tellement supérieur aux autres que tu pourrais facilement être champion du monde, ça ne t’intéresse pas ?

Être le champion dans une discipline ne m’a jamais intéressé. Je n’ai pas besoin de faire de compétition pour me sentir champion du monde de SUP. Le stand up paddle m’apporte suffisamment de satisfaction dans la pratique de tous les jours. On peut très bien réussir sa carrière sans courir après les titres, l’important est de se trouver soi-même.


TEASER “THE OXBOW WATERMAN EXPERIENCE“ :



- Comment tu situes le SUP dans l’histoire du surf et notamment par rapport à la shortboard révolution ?

La shortboard révolution n’est rien à côté du SUP. En vérité, l’arrivée de la petite planche n’a fait que réduire les possibilités du surf en limitant sa pratique à certaines conditions de vagues. Avec le SUP, on peut surfer beaucoup plus de types de vagues en se faisant au moins autant plaisir. La plage d’utilisation est ultra large et en plus, on découvre des manières de surfer les vagues qu’on ne connaissait pas avant. En shortboard, il me faudrait une vague vraiment parfaite pour faire un truc que je n’ai encore jamais fait.

- Que penses-tu de la réaction plutôt hostile d’une partie des surfeurs quand ils voient arriver des SUP au pic ?

Tout est une question d’éducation. Le SUP est une évolution naturelle du surf au même titre que le longboard ou le shortboard. Le respect des surfeurs entre eux à l’eau est à la base de tout, quel que soit le type de planche surfée. En SUP, on doit se comporter comme n’importe qui d’autre, partager et respecter les règles. Souvent, on peut prendre des vagues que les surfeurs à la rame n’auraient pas pu prendre parce qu’ils ne l’auraient pas vu venir ou parce que leurs planches ne leur permettent pas. Le fait qu’il y ait désormais quelqu’un sur ces vagues les gènes quelque part. Mais il va falloir s’habituer car le SUP est là pour rester.

- Tu ne rames plus du tout allongé ?

Sauf si je casse ma rame ! C’est vrai que depuis que je fais du SUP, je fais beaucoup moins de surf traditionnel. Mais le stand up, c’est du surf et bien plus encore. Et puis debout, les avantages sont tellement nombreux. On voit de plus loin, on a une puissance de rame plus grande et chaque moment est important. Ramer pour rejoindre le large est un art à lui tout seul.

- Depuis quelques années on te voit aussi surfer les vagues sous l’eau, c’est ton nouveau challenge ?

J’aimerais effectivement pouvoir surfer une vague comme Jaws sous l’eau. Je pense mettre au point une sorte d’équipement sous-marin spécifique pour ça. Surfer la vague de l’intérieur c’est un peu le rêve ultime du surfeur, comme si on devenait une vague soi-même.

Propos recueillis / Photo : Stéphane Robin



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Crédits photos : Fabrice Wittner (Snowboard) - Fischer (Ski) - Jason Childs 2007 (Surf) - Columbia (Outdoor)

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