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Baintha Brakk : l’ogre Pakistanais

Dans la région reculée du Karakoram central, la haute muraille dominant le glacier de Biafo résiste aux assauts des plus téméraires depuis 40 ans. Une provocation.



C’est l’Eiger pakistanais : une muraille de granit à la fois somptueuse et terriblement inquiétante dressée à 7285 mètres tout au nord du glacier de Biafo. Comme jadis « l’Ogre » en Suisse - ainsi nommé par les premiers explorateurs occidentaux qui traversèrent de Nagar à Askole les grandes étendues glacées de l’Hispar en 1892 - le groupe du Baintha Brakk est le rendez-vous des défis extrêmes dans le massif de Panmah : une grimpe technique dans l’oxygène raréfié de la haute altitude et l’incertitude de l’aléa météorologique dominant d’immenses pentes de neige au cœur du Karakoram central. Après une première tentative infructueuse en 1971, la victoire du plus haut sommet fut concédée six ans plus tard à une cordée britannique (Chris Bonington et Doug Scott) au terme d’un combat d’anthologie : les chevilles brisées pour l’un, une pneumonie pour l’autre, ils mirent 7 jours sans nourriture et dans la tempête pour rallier le camp de base.

En 1996, Shigeru Nagasawa et ses cinq compatriotes japonais du club Himalayan Kanagawa espéraient réitérer l’exploit des Anglais. En vain. Nouvelles tentatives l’année suivante sur ces 3000 mètres d’ascension extrême, et nouveaux échecs. Il faudra attendre 24 ans après la première et une vingtaine d’expéditions pour la répétition (Suisse) sur un itinéraire portant menacé par les avalanches.

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C’est à cette ambiance chargée que s’est attaqué cet automne un trio tricolore appuyé par les Millet Expé Project avec l’ambition de déflorer l’arête Sud-Est encore vierge du sommet central. Encore raté, faute de conditions météo favorables. Mais la cordée, composée de Julien Dusserre, Aymeric Clouet et Jérôme Para, n’est pas rentré bredouille, ouvrant deux nouvelles voies sitôt baptisées dans l’ombre de l’ogre : « Ruby Eternelle », hommage à Karine Ruby le long de 12 longueurs de granite en fissures (6b max) sur un sommet qu’ils ont nommés le Baz Brakk (5490m) ; et une seconde au Pic des « Pouerks », un sommet probablement vierge flanqué d’une face de 1.200 mètres de belles longueurs d’escalade cotées aux environs de 6a+, 5 en glace et mixte M4. « Un niveau moyen mais un engagement sérieux », résume Aymeric. Rendez-vous à Panham pour la prochaine tentative…




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Crédits photos : Fabrice Wittner (Snowboard) - Fischer (Ski) - Jason Childs 2007 (Surf) - Columbia (Outdoor)

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