- On te connaît surtout par l’intermédiaire de la Poney Session. Peux-tu nous parler des “Denjo Brothers“ et de l’aventure "Poney" ?
J’ai co-crée le crew Denjo il y a un peu plus de dix ans, avec mes potes Nicolas Marchionini et Mathieu Schevenels. Denjo est un collectif de riders et d’artistes dont le principal but est de promouvoir un certain lifestyle,"être acteur de la board culture, être un bon épicurien, être sensible aux problèmes environnementaux et être un peu beaucoup déjanté aussi !" Puis, la Denjo family s’est agrandie, je me suis associé avec Jean Crampette, Thomas Schevenels et Paul Meyan qui venaient de créer la première édition de la Poney Session, un simple event de fin d’étude, bien décalé par son nom, qui selon moi portait dans ses gênes de réelles perspectives d’évolution… Depuis, nous avons réussi à gravir quelques échelons, intégrer le circuit international freestyle du TTR et devenir apparemment un des plus "prestigieux" events de l’hexagone…
- Pourquoi avoir choisit le thème Viking cette année ?
Tout d’abord, Poney est déjà un thème en soi, mais j’ai eu l’idée d’enrichir cette dimension “Poneyresque“ en la fusionnant à un autre thème. Au départ je voulais accorder une grande importance à l’utilisation du bois dans mes illustrations graphiques (le bois, la ferme, le ranch, le terroir quoi !). En accord avec le staff, j’ai aussi donné un côté plus "core" à la Poney, en mettant en évidence des Poneys aux crânes d’animaux, en intégrant des têtes de mort et autres aspects tribaux dans mes dessins afin de relever ce côté dark. C’est ainsi qu’est apparue la dimension "viking" : des drakkars, de la fourrure, des Poneys aux casques de vikings et aux masques morbides…
- Comment réalises-tu les œuvres qui décorent le park ?
Je commence par dessiner des illustrations à la main, toujours à la main ! Après quelques heures de travail, voire quelques jours, je retravaille tous ces dessins avec Illustrator afin de les vectoriser et de les assembler pour en faire un visuel global qui sera printé plus tard sur de la bâche micro perforée. Un des concepts importants de la Poney Session est d’habiller artistiquement un grand nombre de modules : en plus de l’originalité de certains d’entre eux point de vue shape, l’habillage arty donne alors une véritable valeur ajoutée à l’event et permet de faire des images inédites et pleine de couleurs !
- Quels sont tes autres projets artistiques pour cette année ?
Je commence à travailler sur une expo en collaboration avec le photographe de skate Kévin Métallier. Sinon, d’autres expos collectives en vue : une en novembre 2010 avec les photographes Fred Egli (snowboard) et Didier Sastourné (ski) et une autre expo en préparation avec mes potes artistes peintre de "Better Together" (Odo, Codel et Delwood).
- Quels sont tes autres récentes collaborations ? Et celles à venir ?
Grâce à la Poney Session, nous avons pu avoir de beaux co-brandings avec quelques partenaires. J’ai ainsi pu réaliser des designs pour Electric, Billabong, Pull-in et Landing… D’un point de vue plus personnel, j’ai aussi collaboré avec des marques comme Olow, Sooruz, Olse, des mags commme Unleashed ou des boîtes de prod vidéo comme Kimmultimedias, Aktaes. Pour ce qui est des collaborations à venir, je ne peux pas trop en parler car pas mal de choses sont en cours de négociation et rien n’est encore confirmé… mais je peux dire que les choses s’accélèrent et que c’est cool de pouvoir s’épanouir via le design de divers produits.
- Avec quoi travailles-tu habituellement pour peindre ?
Je peins essentiellement sur toile, parfois du bois. Point de vue technique, j’utilise de la peinture acrylique, des poskas, mais aussi de l’encre de chine, de l’aquarelle et des bombes aérosols. Le travail de matière devient de plus en plus intéressant pour moi, et c’est un travail de recherche en perpétuelle évolution.
- Utilises-tu beaucoup plus le pinceau ou l’ordinateur ?
En ce moment j’utilise plus l’ordinateur. Mais au départ cela reste toujours un travail artisanal : dessin au crayon à papier, au bic… "hand made" !
- Tu fais des séries d’œuvres autour du même concept et très peu de "one shoot", d’œuvre unique, non ? Pourquoi ce choix ?
Oui c’est vrai, pas mal de séries limitées sur toile, poster ou t-shirt… L’avantage de ce procédé est que l’œuvre reproduite reste accessible à un grand public du point de vue financier. Les œuvres uniques, j’en réalise toujours un peu, mais moins aujourd’hui. Ça demande un certain de temps de travail et donc un certain prix qui est souvent jugé "trop cher" pour la plupart des amateurs d’art de notre milieu.
- Tes thèmes tournent très souvent autour de la nature, des animaux, d’où te viens cette inspiration ? Tu es très concerné par la protection de l’environnement ?
C’est vrai, la nature reste le thème de prédilection, mais je ne m’enferme pas non plus là-dedans à 100% ! Je vais aussi traiter tout autre sujet d’actualité comme l’univers urbain, la religion, les poneys ! Cette inspiration doit certainement venir du fait que j’ai grandi au milieu de la cambrousse landaise, avec des animaux en captivité tels "titou" le dain, "titi" l’écureuil, "coco la meule" le faisan et j’en passe ! Mon père avait un parc animalier durant toute ma jeunesse… Je suis heureux de voir que de plus en plus de marques dans l’univers de la board-culture (tel Salomon avec l’emploi de bamboo et de plastique recyclé pour sa gamme snowboard) deviennent soucieuses de ces problèmes et deviennent des précurseurs en matière de produits technologiques respectueux de l’environnement.
- Quels sont les projets d’évolution pour la Poney dans les années à venir ?
On ne se pose pas véritablement la question. Je dirais que c’est un peu au jour le jour ! Pas facile d’être tous les jours à son taf et d’organiser parallèlement un tel event. Pour l’instant on s’en sort bien, y’a une bonne organisation collective, chacun est responsable de son domaine et les choses avancent bien. À l’avenir, la Poney Session pourrait devenir un event incontournable en Europe, un event snow, arty, culturel et musical qui se déroulerait sur cinq jours, un peu comme un festival où chaque jour serait consacré à des animations diverses et originales ! On organiserait aussi un lâcher quotidien de Poneys dans les rues de St Lary ! Un peu comme à Pampelune, mais en plus roots quand même !
Propos recueillis par Lucy Paltz
www.bizmutonmyback.com
www.myspace.com/wishmut

- Une peinture collective à quatre (Bizmut, Odo, Delwood et Codel), intitulée “The End“. Les artistes ont réalisé cette peinture pour leur première expo collective intitulée "Better Together".











